Bulletin de la Fraternité des laïcs consacrés

fr. Robert Comte
fr. Robert Comte

Frère Robert Comte

Voilà un nouveau Bulletin (mars 2020) très riche, avec beaucoup de témoignages :  Bulletin n° 18

Extraits : Intervention de Robert COMTE (Frère des écoles chrétiennes)

RETRAITE ET VIEILLESSE

1 – DÉBUT DE LA RETRAITE ET TROISIÈME ÂGE

Plan psychologique

Comment est vécu le passage à la retraite ? Dans la phase d’anticipation, ce vécu est souvent ambivalent : si l’on est soulagé à la perspective de voir disparaître un certain nombre de soucis, on peut aussi ressentir une sourde angoisse en prenant conscience que l’on se dirige vers la dernière partie de la vie. Ceci dit, je souligne deux points plus spécifiques.

a) rendre sa retraite, c’est cesser d’exercer sa profession

Disant cela, j’énonce une évidence. Mais il vaut la peine de s’y attarder un peu. On peut en effet envisager cela de plusieurs manières.

* cesser d’exercer sa profession, c’est perdre un rôle social. Quand on est en activité, on est situé socialement. Dans l’exercice de la profession, on est reconnu par les autres, on a une utilité sociale évidente ; on peut mettre en œuvre toutes ses capacités, fruits d’une expérience accumulée au long de la carrière. Et voilà qu’en passant à la retraite, cela nous est retiré. Si nous nous sommes investis dans notre métier, nous avons l’impression qu’une part déterminante de notre identité disparaît du même coup. Nous voilà dépouillés d’une source importante de gratification ; nous ne sommes plus productifs. Cela crée un sentiment de vide : les relations habituelles ne sont plus là. Ce passage est souvent dur à vivre (surtout pour les hommes). C’est vrai également pour la génération actuelle qui a davantage valorisé le travail que celles qui lui succèdent.

* prendre sa retraite, c’est avoir la possibilité de se réaliser autrement. Quand on est en pleine activité, on fait souvent des choses qu’on aime. Mais il arrive que cela pèse vers les dernières années. Parfois, on aurait eu envie de faire autre chose, mais cela n’a pas été possible. Alors, le moment de la retraite peut apporter le sentiment de délivrance par rapport à un travail ou des responsabilités devenus trop lourds. Il peut aussi donner l’occasion de réaliser des aspirations restées enfouies jusqu’à présent : certains peuvent alors donner libre cours à sens du bricolage tandis que d’autres s’investissent dans des associations, prennent le goût du voyage ou retournent à l’université.

b) prendre sa retraite, c’est devoir gérer autrement son temps

Quand on est pris par le métier, les journées et les semaines se remplissent d’elles-mêmes ; on n’est pas maître d’une bonne partie de son temps, qui est structurée de l’extérieur. Il n’en va pas de même pendant la retraite : le temps ‘professionnel’ est libéré. On est alors confronté à un temps qu’il faut organiser soi-même. Et l’on se trouve devant deux risques opposés, selon les personnes : le risque du vide si l’on ne structure pas soi-même le nouveau temps dont on dispose. ; le risque inverse de remplir le plus vite possible les cases vides, pour éviter l’angoisse de la nouvelle situation. En fait, il s’agit de trouver un nouveau rythme, le bon rythme, qui sera d’ailleurs variable selon les personnes et leur état de santé.

Plan spirituel

* une autre plénitude. Quand la vie se fait plus courte, et si on su trouver un rythme moins stressé que dans la vie active, on peut davantage goûter la plénitude du moment présent. Peut-être le psalmiste pensait-il à cela quand il formulait la prière suivante : « Apprends-nous à compter nos jours, que nous acquérions un …

(lire la suite dans le bulletin)

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