Diacres a l’école du père Chevrier

Diacres a l'école du père Chevrier

Depuis trente ans, suite à  la béatification  du père Chevrier, des diacres permanents ont frappé à  la porte du Prado.

Une chose est claire. La fraternité des diacres et épouses au Prado n’est pas un en soi : ce doit être un moyen au service de la fraternité universelle avec et à partir des pauvres, dans l’Eglise et dans la société.

Mais en même temps, je pense que cette fraternité des diacres au Prado correspond tout à fait au désir, ou plutôt à l’intuition et à la conversion du Père Chevrier : non seulement son désir d’aller lui-même au milieu des pauvres, mais aussi son désir de former d’autres « apôtres pauvres pour les pauvres ».

Autrement dit, au-delà de sa propre réponse personnelle (être lui-même auprès des enfants de la Guillotière et auprès des pauvres), le Père Chevrier a surtout ressenti l’urgence de former d’autres apôtres : des « catéchistes » et de véritables disciples et apôtres toujours accessibles et attentifs aux plus simples, au nom-même de leur désir de suivre Jésus Christ de plus près, aussi bien prêtres que laïcs. Souvenons-nous qu’à son époque, l’Eglise n’avait pas encore retrouvé la figure ministérielle des diacres permanents; mais le Père Chevrier a su donner sa confiance à plusieurs laïcs, hommes et femmes, qui ont désiré collaboré avec lui, et qu’il a toujours eu le souci de former selon l’évangile.

Aujourd’hui, je crois qu’on peut dire la même chose à propos des diacres : pour que la démarche Diaconia ne soit pas qu’un feu de paille, il faut résolument former des diacres amoureux du Christ pauvre présent au milieu des plus petits et des plus fragiles, des « sans » de toutes sortes (sans voix, sans santé, sans équilibre, sans dents, sans abris, sans diplômes, sans emplois, etc.). Des diacres, serviteurs de l’Evangile, qui gardent le souci de toujours recentrer l’Eglise sur les pauvres de toutes sortes, comme étant « la véritable richesse de l’Eglise » et son véritable trésor, jusqu’à la fin des temps.

C’est le service, j’en suis convaincu, que peut offrir votre fraternité des diacres et épouses de diacres, dans l’Eglise de France. Et c’est pour ce service, que l’on doit comprendre aussi la possibilité pour certains de devenir « membres associés » au sein du Prado.

Une possibilité qui correspond à deux désirs :

  – le désir dont nous venons de parler : le désir de faire en sorte que d’autres diacres, aujourd’hui et demain, soient formés par le Christ et par l’évangile pour rester accessibles et attentifs aux pauvres qui sont l’Eglise.

  – mais un désir qui passe aussi par une décision publiquement posée, de prendre personnellement les moyens qui nous viennent du Père Chevrier en vue de suivre le Christ pauvre, y compris en se laissant soi-même simplifier et convertir.

Voilà, il me semble, comment nous pouvons avancer ensemble, pour construire et pour servir la Fraternité.

Et je termine en rendant grâce à Dieu pour votre présence au Prado, qui nous démontre que la grâce du Prado, reçue par le Père Chevrier, est bel et bien une grâce venant de Dieu… puisqu’elle est capable de faire naître de nouveaux enfants, de nouveaux apôtres, dans une forme de ministère et de vie en Eglise qui n’existait pas du temps du Père Chevrier.

Je ne sais pas si ça serait suffisant pour entrer dans le procès de béatification du Père Chevrier, et pourtant je trouve que c’est bel et bien un miracle ecclésial !

Philippe Brunel (extrait de l’introduction à l’AG des diacres au Prado de novembre 2015)

Portrait Père Chevrier

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