Jean-Luc BARITEL, nouveau pradosien

Jean-Luc BARITEL, nouveau pradosien

jean luc BARITEL 2

 

Le dimanche 24 septembre 2017, le père Jean-Luc BARITEL a célébré son engagement temporaire (5 ans) dans l’Institut des prêtres du PRADO.

Ordonné prêtre en 2010 pour le diocèse de Lyon, voici son témoignage :

J’ai été bercé par le Prado, littéralement : quand j’étais enfant, des soeurs du Prado venaient aider mes parents, en particulier à la cuisine pour les vendanges. Et puis elles se sont installées dans un petit village comme les autres ; enfin, presque comme les autres : c’était mon village, Lancié, dans lequel je suis né. A cette époque, je ne savais rien du père Chevrier, sinon qu’il avait fondé le Prado.

En 1986, j’étais à  Lyon ; j’ai gardé le foulard sur lequel est écrit : « Tu peux faire de ta vie un je t’aime ». C’est décidé : quand je serai grand, je ferai «Je t’aime.» (ou «Je t’aime quand même»). J’étais là pour le pape, et je n’avais pas fait attention que le père Chevrier serait déclaré bienheureux ; peut-être que, sans le savoir, j’étais là aussi, d’une façon mystérieuse, pour le père Chevrier.

Plus tard, j’ai été nourri de la Parole de Dieu. Quand j’ai commencé à  travailler, j’ai participé à  des pèlerinages organisés par des prêtres du Prado et j’ai côtoyé des séminaristes en fomation à Saint-Etienne-des-Oullières. Je ne me souviens plus quand j’ais les pieds ici (maison St André à Limonest, ndlr) pour la première fois, mais c’était il y a longtemps!

Sur la paroisse, les sœurs du Prado avaient lancé un partage d’évangile : le lundi, un petit groupe se réunissait pour méditer et échanger à partir des textes du dimanche suivant. Lire les textes de près, pour connaître Jésus de près. Souvent, les traductions étaient source de questions, parfois sans réponse.  A ce moment-là, la Parole de Dieu est devenue pour moi une sorte de « drogue »: je ne pouvais plus m’en passer.

Et puis les soeurs ont quitté Lancié. J’ai beaucoup appris d’elles aussi après quand elles sont parties ; en écoutant ce que les gens du village disaient d’elles : «Tout le monde était accueilli, sans distinction.» Je me suis rendu compte qu’elles avaient témoigné en profondeur de la spiritualité du père Chevrier ; quand il est arrivé dans le monde, on peut dire que Jésus n’a pas été accueilli à  bras ouverts : «Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.» (Lc 2, 7) ; c’est ce qui l’a rendu attentif aux tout-petits.

Ainsi, il nous demande de nous rendre proches des pauvres, de ceux qui n’ont rien, qui se sentent exclus de notre société – parce que, souvent, ils le sont vraiment – du fait qu’elle va trop vite ou trop fort pour eux. Jésus nous demande de nous approcher des pauvres jusqu’à  nous faire l’un d’eux. Mais ne doit-on pas aussi combattre la pauvreté ? Si, mais de l’intérieur ; le père Chevrier ne fait pas l’apologie de la misère, mais il nous invite à  détourner notre regard des choses qui pourraient nous posséder pour le tourner vers les autres, vers ceux que notre monde tend à déshumaniser.

La Parole de Dieu est étonnante : sans cesse, elle nous invite à  changer notre regard, à  renoncer à  ce que nous croyons savoir sur Dieu ; elle nous crucifie parce que, souvent, nous ne comprenons pas ses chemins ou nous ne voulons pas les suivre. Comme au temps de saint Paul, il nous faut prêcher «un messie crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens.» Comme au temps de Jésus, vouloir le suivre de près peut nous exclure des schémas de prêt-à-penser, du politiquement correct ou du ecclésialement convenable. Au Tableau de Saint-Fons ( une sorte de programme de vie que le père Chevrier enseignait à  ses séminaristes) une phrase a particulièrement retenu mon attention la première fois que je l’ai vue : « mourir à  la réputation.» Plus, cette phrase m’a converti : à partir de ce moment-là , j’ai choisi de faire confiance à  Dieu; même si les autres ne comprennent pas, même si je dois aussi les écouter pour avancer et me préserver de l’orgueil, je dois Lui faire confiance, à  Lui, et à  Lui seul : «Mais Pierre et les apôtres répondirent : « Il faut obéir à  Dieu plutôt qu’aux hommes. »» Ac 5,29.

Oui, cet engagement aura pris du temps ; le temps de me mettre en route, de discerner et de mûrir ; le temps de prendre du recul, aussi, et de grandir en liberté. Oui, au Prado, je vois bien des limites ou des pratiques dans lesquelles je ne me reconnais pas toujours. Mais je crois vraiment que le Christ m’appelle à  le servir de façon spécifique dans cette communauté ; je lui apporterai ce que je suis et elle m’apportera ce qu’elle est, afin que je suive Jésus Christ toujours de plus près.

La vie en équipe me soutiendra pour que je reste fidèle à l’esprit du Bienheureux Antoine Chevrier ; l’étude de l’Evangile, c’est-à-dire l’étude de Jésus Christ, m’aidera à  le connaître toujours mieux, pour toujours mieux l’aimer et le suivre de plus près. Pour cela, je m’efforcerai toujours de refaire des traductions imparfaites, perfectibles, qui conduiront les plus petits à  toujours contempler cette Parole qui nous transforme de l’intérieur pour vivre de ce grand commandement, cette recommandation comme une promesse : aimer Dieu en aimant notre prochain comme nous-mêmes.

Ainsi, aujourd’hui, je me décide à suivre Notre Seigneur Jésus Christ de plus près pour me rendre plus capable de travailler efficacement au salut des hommes.

Au sein de la famille du Prado et devant l’Eglise, je promets pour toujours à  Dieu de pratiquer selon les Constitutions de l’Association :

la pauvreté et l’humilité, pour l’amour du Christ, né dans une crèche, et des pauvres auxquels nous sommes envoyés,

l’obéissance, pour l’amour de Jésus qui s’est fait obéissant jusqu’à  la mort de la croix, et de ceux qui portent dans leur chair la marque de la souffrance

la chasteté dans le célibat et le don de tout moi-même, pour l’amour de Celui qui s’est fait notre nourriture dans l’Eucharistie, et de tous ceux qui ont faim d’amour, de justice et de liberté.

Avec Marie et les autres témoins de la foi, je veux répondre ainsi à  l’appel du Père, m’attacher à  la personne du Christ et me laisser former par son Esprit, afin de pouvoir glorifier Dieu jusque dans mes faiblesses et travailler avec joie à  l’évangélisation des pauvres.

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Et voici l’homélie du P. Philippe BRUNEL, responsable du Prado de France, qui a reçu l’engagement de Jean-Luc : homélie

 

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